Dakarois de naissance et citadin (indécrottable), il est normal que la ville soit au centre de ses préoccupations picturales. La ville cette chose vivante fascinante, ronronnante, respirant et expirant ordonnée ou bordélique dépendant des jours et des rumeurs de l’actualité. Sa ville est épurée, vide et ambiguë tantôt. D’une poésie surréelle ou même les personnages intégrés en accentue la vacuité. Tantôt d’une brutalité frontale, impénétrable, baroque et étonnamment expressive. Dans cet univers l’improbable rencontre le probable et l’absurde, une certaine réalité qui trouve sa cohérence dans l’espace du contenant et du contenu. La limitation volontaire de la couleur au noir et blanc mâtinés d’ocres issus du café et de la latérite accentue l’expressivité explosive des fois toute en douceur contenue ; d’autres fois d’une dureté à la limite du supportable, ou le superflu du à la couleur n’existe pas. L’efficacité de l’essentiel en fait la raison d’être. Elle est l’exutoire des joies, des peines, des angoisses existentielles ; de toute sa personne par l’intermédiaire de la toile, le défouloir et la confidente de l’intime qu’aucune représentation photographique ne peut figurer encore moins sentir.

Ismaïla Manga (Artiste Peintre)